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Options pour mettre en oeuvre les Droits des
agriculteurs
Il existe de nombreux obstacles à la
mise en oeuvre des Droits des agriculteurs, mais il existe aussi de nombreuses
options permettant d'éliminer ces obstacles et de promouvoir les droits
des agriculteurs. Ici nous allons mettre en lumière certaines options
essentielles, en prenant, comme point de départ, les obstacles
identifiés à la mise en oeuvre des Droits des agriculteurs.
Options pour maintenir et mettre en valeur l'espace juridique
Une mesure spécifique serait de réviser la
législation et les projets de loi affectant les Droits des agriculteurs
dans le but de maintenir et de créer l'espace juridique. Vu d'une
perspective des Droits des agriculteurs, l'objectif principal devra être
le maintien de l'espace juridique en faveur des agriculteurs au sein de ces
cadres législatifs émergeants. Au moins, les agriculteurs doivent
avoir le droit de conserver, mettre en valeur, échanger et vendre leurs
semences et de multiplier des variétés provenant de leurs
variétés, en l'occurrence, tant les variétés
traditionnelles que celles mises en valeur par les agriculteurs, en
coopération avec d'autres agriculteurs. Les problèmes
phytosanitaires doivent se résoudre par d'autres moyens. Par ailleurs,
la législation relative à la propriété
intellectuelle devra être mise en place afin de permettre aux petits
exploitants agricoles de poursuivre leurs pratiques coutumières en ce
qui concerne les semences et le matériel phytogénétique.
Enfin, la législation relative à l'accès ne devra pas
imposer d'obstacles aux activités de conservation, ou servir à
décourager l'échange de semences entre les
agriculteurs.
Options en vue de la création de
mécanismes de motivation, de récompense et de
reconnaissance Là encore, une révision des structures de
motivation dans la politique agricole serait un bon point de départ.
L'objectif ici serait, non de changer nécessairement les motivations en
faveur de la production à grande échelle et l'utilisation des
variétés commerciales, mais plutôt d'assurer qu'il existe
aussi des mesures de compensation à l'égard des agriculteurs qui
conservent et utilisent durablement les ressources
phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture. Ces
structures pourraient inclure des services de vulgarisation pour soutenir les
agriculteurs, des crédits à des conditions favorables pour
l'achat d'animaux et d'autres facteurs de production nécessaires, la
facilitation de la commercialisation des produits provenant de diverses
variétés, etc.
En ce qui concerne les systèmes de
récompense et de partage des avantages, il existe déjà de
nombreuses initiatives à petite échelle, telles que la mise en
place des banques de gènes communautaires, des ateliers de formation
dans les champs des agriculteurs, et diverses activités de marketing.
Aujourd'hui, ces avantages se réalisent surtout grâce aux
initiatives prises par des Organisations non gouvernementales (ONG), des
Organisations intergouvernementales (OIG) et certains services de
vulgarisation, et ils ne touchent qu'un nombre limité d'agriculteurs.
Les options en faveur du rehaussement des activités liées au
contexte du partage des avantages vont de la mise en place de mécanismes
de financement au niveau national pour canaliser les ressources
nécessaires (provenant en partie de sources internationales) aux
activités de soutien en faveur des agriculteurs dans le maintien de
l'agrodiversité. Ceci exigerait également que soient
rehaussées l'échelle des structures institutionnelles ainsi que
l'expertise en faveur de ces fins - en étroite collaboration avec les
agriculteurs.
Pour ce faire, la coopération internationale est
probablement nécessaire. Cela prendra du temps avant que le
mécanisme de partage des avantages du Traité international aussi
bien que sa Stratégie de financement entrent en vigueur, et il nous est
impossible de connaître exactement les fonds qui pourront être
générés. Par conséquent, il est important de
trouver d'autres sources également. Un potentiel qui n'a pas encore
été systématiquement exploité jusqu'à
présent est l'Assistance officielle au développement (AOD). Des
financements ont été mis à la disposition in situ
à la gestion des ressources phytogénétiques pour
l'alimentation et l'agriculture au travers du Fonds mondial pour
l'environnement (Global Environment Facility (GEF)), et certains financements
ont été canalisés par le biais de bailleurs de fonds
bilatéraux et d'ONG. Mais il n'existe pas d'approche systématique
pour exploiter ce potentiel. Si l'importance des Droits des agriculteurs dans
la suppression de la pauvreté et les Objectifs du Millénaire pour
le développement pouvaient être suffisamment mis en
évidence - en plus de l'engagement général des Parties
contractantes dans le cadre de la coopération internationale et
l'assistance technique dans le Traité international - alors, des
financements plus importants pourraient être débloqués
à cette fin.
Pour assurer la reconnaissance des agriculteurs et
des communautés agricoles, il faudrait se pencher davantage sur
l'évolution des méthodes d'enregistrement des semences et voir si
on peut trouver un moyen de rémunérer les agriculteurs qui
enregistrent leurs semences. Des récompenses en faveur des agriculteurs
innovateurs pourraient être prises en considération. Il est en
outre important de créer des systèmes qui permettraient aux
agriculteurs de ne pas se sentir menacés de voir le détournement
de leurs semences. Dans ce domaine, les travaux avancent dans plusieurs pays,
notamment au Pérou, ce qui nous permettra peut-être de disposer de
quelques modèles dans un proche avenir.
Options en vue de la
participation des agriculteurs à la prise de
décisions Dans toute démocratie, la participation à
la prise de décisions au niveau national signifie prendre part dans les
organismes de décision, dans les audiences lorsqu'il s'agit de
législation et de politiques, et dans les institutions au service des
agriculteurs telles que les organismes de recherche et les services de
vulgarisation. Cela signifie aussi prendre part aux discussions dans d'autres
arènes, comme par exemple les médias.
Il est aussi
essentiel que les organisations agricoles pratiquent des processus
légitimes dans la recherche et la sélection des personnes qui
sont amenées à représenter les agriculteurs et les mandats
de ces derniers. Pour ce faire, la sensibilisation, le renforcement des
capacités et les ateliers d'information parmi les agriculteurs sont
d'une importance cruciale.
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