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DÉFININTION D'UNE
'SUCCESS STORY' SUR LES DA:
Que sont
les succès relatifs au partage des avantages?
La
mesure suivante en vue de protéger et de promouvoir les Droits des
agriculteurs, telle qu'elle est proposée dans le Traité
international, concerne le droit à participer de manière
équitable au partage des avantages qui découlent de l'utilisation
des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et
l'agriculture (Article 9.2 [b]). Là, de nouveau, le Traité
n'entre pas dans les détails quant à ce que cela peut signifier
dans la pratique. Néanmoins, ailleurs dans le Traité, dans
l'Article 18 relatif au Système multilatéral sur l'accès
et le partage des avantages, figurent les avantages les plus importants
suivants: (1) facilitation de l'accès aux ressources
phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture; (2)
l'échange d'informations; (3) accès aux technologies et transfert
de celles-ci; (4) renforcement des capacités; et (5) le partage des
avantages financiers et autres provenant de la commercialisation. Par ailleurs,
il est précisé que les avantages découlant de
l'utilisation des ressources phytogénétiques pour l'alimentation
et l'agriculture qui ont été partagés dans le cadre du
Système multilatéral devraient d'abord et avant tout aller,
directement et indirectement, aux agriculteurs de tous les pays, notamment les
pays en développement et les pays à économie en
transition, qui conservent et utilisent durablement les ressources
phytogénétiques pour l'alimentation et
l'agriculture.
Bien que ces dispositions se réfèrent
toutes au Système multilatéral et non pas directement aux
dispositions sur les Droits des agriculteurs dans le Traité
international, elles reflètent un entendement sur le partage des
avantages qui est approprié pour l'interprétation de l'Article
9.2 (b) sur le partage des avantages comme mesure pour protéger et
promouvoir les Droits des agriculteurs. D'abord, on voit qu'il existe plusieurs
formes de partage des avantages, là où les avantages financiers
ne comprennent qu'une partie. Deuxièmement, on voit que les avantages ne
sont pas à partager seulement parmi les quelques agriculteurs qui
possèdent par hasard des variétés de plantes qui sont
utilisées par les compagnies phytogénétiques commerciales,
mais aux agriculteurs de tous les pays qui sont impliqués dans la
conservation et l'utilisation durable de la biodiversité agricole. Cette
approche ici reflétée a prédominé au niveau de la
FAO depuis que les Droits des agriculteurs et le partage des avantages
étaient reconnus officiellement pour la première fois en 1989
(Résolution 5/89 de la Conférence FAO) (elle est
différente de l'approche bilatérale et directe du partage des
avantages sous la CBD qui préconise que les avantages soient
partagés entre les prétendus 'propriétaires' et les
acheteurs des ressources. Jusqu'à ce jour, il n'y a pas d'exemples
documentés d'avantages revenus aux agriculteurs par ce biais).
En
cherchant à rendre opérationnel le concept du partage des
avantages en faveur des Droits des agriculteurs, et en se basant sur
l'enquête internationale de 2005 faite auprès des
bénéficiaires sur les Droits des agriculteurs (Andersen, 2005 b),
on pourrait mettre les objectifs suivants en application:
a. Assurer
que les structures de motivation en agriculture favorisent les
agriculteurs qui conservent et utilisent durablement les ressources
phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture sur un pied
d'égalité, ou encore plus, avec ceux qui sont engagés dans
la monoculture des variétés agricoles génétiquement
homogènes. Ces structures de motivation pourraient inclure des services
de vulgarisation en vue de soutenir les agriculteurs, des crédits
à des conditions favorables servant à l'achat d'animaux de la
ferme et d'autres produits nécessaires, des mesures facilitant la
commercialisation des produits provenant de variétés diverses, et
d'autres infrastructures. Un ultime objectif ici serait la mise en place des
structures de motivation au niveau de chacune des catégories
citées, afin de soutenir au maximum les agriculteurs qui conservent et
utilisent durablement la biodiversité agricole. Jusqu'à
présent, ceci n'a été pratiqué dans aucun pays, et,
de façon générale les structures de motivation mises
à disposition par les autorités sont négatives à
l'égard des pratiques traditionnelles des agriculteurs.
Néanmoins, il existe de nombreuses initiatives au niveau local qui
peuvent servir de modèles à la mise en place de structures de
motivation à créer à une plus grande
échelle.
b. Créer des systèmes de
récompense et de soutien qui permettent aux agriculteurs de
bénéficier pleinement de leurs contributions à la
réserve génétique mondiale par le biais de la valeur
ajoutée aux plantes qu'ils exploitent, améliorer leurs moyens
d'existence et leurs revenus. Il existe de nombreux programmes et de petits
projets qui démontrent les énormes potentiels dans ce domaine -
tels que les banques de gènes communautaires, la conservation dynamique
allant de pair avec la phytogénétique participative, la
phytogénétique et les ateliers de formation des agriculteurs sur
le terrain, le renforcement des capacités et diverses activités
de commercialisation. Actuellement, ces avantages résultent, pour la
plupart, d'initiatives prises par des Organisations non gouvernementales (ONG)
des Organisations intergouvernementales (OIG) ainsi que de quelques services de
vulgarisation, et ils ne touchent qu'un nombre limité d'agriculteurs.
Rehausser ces activités à une telle échelle de sorte que
tous les agriculteurs impliqués dans la conservation de la
biodiversité agricole puissent participer dans le partage de ces
avantages, est un défi majeur. Le financement est, et l'a toujours
été, un goulet d'étranglement: les mécanismes de
financement fonctionnant bien occupent une place essentielle tant au niveau
local qu' international. Au niveau international, le Système
multilatéral et la Stratégie de financement dans le cadre du
Traité international sont conçus pour ce financement. Au niveau
national - en plus des fonds générés par ces deux
mécanismes internationaux, qui vraisemblablement ne semblent pas assurer
les montants nécessaires - la participation publique et privée
ainsi que la coopération au développement sont
d'éventuelles possibilités. Jusqu'à présent, il y a
eu peu d'exemples de mécanismes de financement au niveau
national.
c. Assurer la reconnaissance des contributions des
agriculteurs à la réserve génétique mondiale,
dans le but d'exprimer que ces contributions sont valorisées par la
société. La question qui se pose ici est la suivante: un accord
des droits de propriété intellectuelle exclusifs aux agriculteurs
qui exploitent les variétés traditionnelles mènera-t-il
à la mise en oeuvre des Droits des agriculteurs? Les opinions sont
fortement partagées dans les deux sens. Les partisans revendiquent que
les droits de propriété intellectuelle devraient être
accordés aux agriculteurs sur un pied d'égalité avec ceux
des éleveurs, par principe d'équité. Les opposants, eux,
soulignent qu'un tel système provoquerait une démotivation des
agriculteurs qui partagent leurs semences dans l'expectation que celles-ci
pourraient devenir une valeur économique. Une telle évolution
pourrait nuire aux systèmes semenciers traditionnels et affecter
négativement les droits aux semences en faveur des agriculteurs. Du fait
qu'il y a eu jusqu'aujourd'hui très peu d'expérience dans le
domaine des droits de propriété intellectuelle exclusifs aux
agriculteurs (excepté quelques actes de législation individuels),
nous n'allons pas entrer dans les détails de ce thème ici. Une
autre façon de reconnaître les contributions des agriculteurs
pourrait se réaliser sous forme de rémunération des
agriculteurs qui enregistrent les variétés exploitées dans
des catalogues pour une utilisation libre et gratuite parmi les autres
agriculteurs (idée suggérée par Maria Scurrah à la
consultation de Lusaka), mais, là aussi, aucun cas n'est connu
jusqu'à ce jour. Une manière plus habituelle de reconnaissance
des agriculteurs et des communautés agricoles passe par le biais des
prix pour les pratiques innovatrices, comme cela s'est pratiqué dans
plusieurs pays.
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A
lire sur:
Que sont les succès
relatifs au droit de conserver, utiliser, échanger et vendre les
semences de ferme?
Que sont les succès relatifs aux
connaissances traditionnelles liées à la biodiversité
agricole?
Que sont les succès
relatifs au partage des avantages?
Que sont les
succès relatifs à la participation à la prise de
décisions?
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