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DÉFININTION D'UNE
'SUCCESS STORY' SUR LES DA:
Que sont
les succès relatifs au droit de conserver, utiliser, échanger et
vendre les semences de ferme?
Le Traité
international est plutôt vague sur les Droits des agriculteurs de
conserver, utiliser, échanger et vendre les semences de ferme. Le
paragraphe 9.3 de ce Traité dit que rien dans cet Article (Article 9 sur
les Droits des agriculteurs) 'ne devra être interprété
comme limitant les droits que peuvent avoir les agriculteurs de conserver,
utiliser, échanger et vendre les semences de ferme, sous réserve
des dispositions de la législation nationale et selon qu'il convient',
ce qui ne donne pas beaucoup de sens. Le Préambule établit que
'les droits reconnus dans ce Traité de conserver, utiliser,
échanger et vendre les semences de ferme et d'autres matériels de
multiplication (
) sont un élément fondamental de la
concrétisation des Droits des agriculteurs'. Du fait qu'aucun droit n'a
été spécifié dans le Traité, le
Préambule n'est pas très clair sur ce point. Malgré le
manque de précision, l'idée, en grandes lignes, est claire. Il
est important que les agriculteurs obtiennent des droits dans ce sens, bien que
chaque pays ait la liberté de définir individuellement l'espace
juridique qu'il juge suffisant en la matière.
La
liberté de définir un tel espace juridique en faveur des
agriculteurs est aussi limitée par d'autres engagements internationaux.
La plupart des pays du monde sont membres de l'Organisation mondiale du
commerce (World Trade Organization, WTO), et ils sont donc obligés
d'exécuter l'Accord de la WTO sur les Aspects des Droits de
Propriété Intellectuelle qui touchent au Commerce (Trade Related
Aspects of Intellectual Property Rights, TRIPS/ADPIC). Cet Accord stipule que
tous les pays membres de la WTO doivent protéger les
variétés agricoles soit à travers des brevets, soit par un
système sui generis efficace (un système unique en son
genre), ou une combinaison de systèmes. Les délimitations d'un
système sui generis et la signification d'un système
sui generis 'efficace' ne sont pas explicitement définies dans le
texte. En d'autres termes, les pays sont obligés d'introduire un
dispositif quelconque de droits pour les phytogénéticiens.
L'Union pour la protection des nouvelles variétés de plantes
(UPOV) estimait que le meilleur moyen de respecter la disposition du
système sui generis efficace était de suivre le
modèle de la Convention de l'UPOV, et il y a beaucoup de partisans de
cette position. Il existe plusieurs versions du modèle UPOV. La plus
récente (Acte de 1991 de la Convention de l'UPOV) prévoit que
soient accordés aux phytogénéticiens des droits complets -
au détriment des droits coutumiers en faveur des agriculteurs, de
conserver, réutiliser, échanger et vendre les semences. Il est
toutefois possible de faire des exceptions en faveur des petits exploitants
afin de leur permettre la conservation et la réutilisation des semences,
et ce, de façon strictement limitée. L'échange et la vente
des semences entre agriculteurs sont complètement interdits. Tout ceci
s'applique pour les plantes protégées dans le cadre des droits
des phytogénéticiens, et non pas pour les variétés
traditionnelles. Le modèle UPOV a rencontré la résistance
de certains pays et de plusieurs organisations agricoles qui craignaient que
l'adhérence à ce modèle serait préjudiciable aux
droits des agriculteurs de conserver et de partager le matériel de
multiplication. L'Accord TRIPS ne fournit que des standards minimum, ce qui
laisse suffisamment de possibilités d'exploiter d'autres solutions plus
compatibles avec la demande pour les Droits des agriculteurs (voir notamment
CIPR, 2002; Helfer, 2002; Correa, 1998; Leskien et Flitner, 1997; Andersen
2008, à paraître). Les pays membres de la WTO doivent par
conséquent respecter leurs obligations TRIPS en ce qui concerne les
droits des phytogénéticiens, et dans le même temps,
créer l'espace juridique nécessaire en faveur de la mise en
oeuvre des Droits des agriculteurs dans le cadre du Traité
international. Ainsi la question est de savoir quel espace de manoeuvre il
reste aux pays dans le cadre de leurs obligations internationales, leur
permettant d'accorder le droit à leurs agriculteurs de conserver,
utiliser, échanger et vendre leurs semences.
Un obstacle de plus
aux Droits des agriculteurs dans de nombreux pays du Nord, est l'introduction
des lois relatives aux semences, qui exigent la certification des semences
comme condition avant de les introduire sur le marché, et même
dans certains cas avant de les échanger entre agriculteurs. Du fait que
normalement, les variétés traditionnelles ne sont pas
génétiquement assez homogènes pour remplir les conditions
de certification, elles sont alors exclues du marché. Souvent, ces lois
relatives aux semences stipulent aussi que seuls les magasins autorisés
ont le droit de vendre les semences et que tout autre échange est
interdit (parfois à l'exception des plantes horticoles ou certaines
autres espèces). Ceci est le cas presque partout en Europe. Une telle
législation, allant de pair avec les droits stricts à
l'égard des phytogénéticiens, représente une grande
entrave aux Droits des agriculteurs de conserver, utiliser, échanger et
vendre leurs semences. Quelles sont les possibilités de rendre ces lois
plus compatibles avec ces droits coutumiers des agriculteurs - qui sont d'une
importance si cruciale pour le maintien de l'agrodiversité pour
l'alimentation et l'agriculture, aujourd'hui et dans l'avenir?
Un ultime
objectif de la perspective des Droits des agriculteurs serait de leur accorder
tous ces droits. Ce qui voudrait dire que les agriculteurs auraient le droit de
conserver, utiliser, échanger et vendre les semences de ferme, qu'il
s'agisse de variétés protégées par les droits de
propriété intellectuelle ou non. D'autres solutions seraient
nécessaires dans le sens de la compensation en faveur des
phytogénéticiens pour leurs efforts ainsi que de la
résolution des problèmes phytosanitaires. L'ultime 'success
story' parlerait d'un pays où tous ces droits auraient été
accordés.
L'Inde se fait remarquer comme étant le pays
possédant la plus importante législation en la matière
dans le monde. Dans la plupart des autres pays ayant une législation
relative à la protection phytogénétique, les Droits des
agriculteurs sont plus limités, souvent avec des restrictions par des
actes juridiques, tels que les actes relatifs à la protection des
variétés de plantes ainsi que les réglementatios
concernant la certification des semences. Dans de tels cas, assouplir les
réglementations ou éviter l'adoption d'un règlement plus
strict, pourrait être considéré comme un résultat
positif.
Dans les pays où les réglementations sont
très strictes et où l'espace favorisant les changements
juridiques semble bien petit, la question est de savoir comment s'y prendre.
Une solution pourrait être de créer des possibilités
permettant aux agriculteurs de conserver, utiliser, échanger et vendre
les semences de ferme en dépit des lois
existantes.
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A
lire sur:
Que sont les succès
relatifs au droit de conserver, utiliser, échanger et vendre les
semences de ferme?
Que sont les succès relatifs aux
connaissances traditionnelles liées à la biodiversité
agricole?
Que sont les succès
relatifs au partage des avantages?
Que sont les
succès relatifs à la participation à la prise de
décisions?
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