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RESSOURCES:
Un
résumé de la bibliographie sur les Droits des
agriculteurs
Le thème des droits des agriculteurs
touche d'abord et surtout les variétés de plantes
traditionnelles, leurs dérivés sauvages et envahis par les
mauvaises herbes et les connaissances qui y sont liées et les
innovations par leurs conservateurs. Cependant, cela ne veut pas dire que les
agriculteurs individuels doivent devenir des détenteurs de titres dans
le sens juridique du terme. Plusieurs auteurs se mettent en garde contre
l'approche individualiste, en particulier lorsqu'elle est liée avec les
droits de propriété exclusive. L'argument institutionnel est que
la détermination des droits juridiques individuels serait tellement
pesante et onéreuse que les coûts de transaction allaient
l'emporter de loin sur les éventuels avantages. Politiquement parlant,
il y a de forts arguments contre une telle approche, du fait qu'elle pourrait
provoquer une 'tragédie des biens communs', c'est-à-dire que des
agriculteurs individuels s'excluent mutuellement de l'utilisation des
ressources génétiques, ce qui nuirait à leurs droits
fondamentaux et coutumiers aux semences. Par ailleurs, on affirme que souvent,
les agriculteurs traditionnels ont leur propres concepts sur les droits de
propriété intellectuelle, et ceux-ci sont bien différents
d'une telle approche individualiste du marché.
La plupart
des auteurs semblent être d'accord que les droits des agriculteurs soient
considérés comme droits collectifs dans un contexte plus vaste
que comme droits des agriculteurs ou des communautés agricoles
individuels, et que les Droits des agriculteurs ne devraient pas être
exclusifs ni restreindre l'accès aux ressources
génétiques. On ne peut pas les traiter comme des droits
classiques de propriété intellectuelle, car ils
représentent un tout autre genre de droits.
Différentes
mesures en vue de protéger et promouvoir les droits des agriculteurs
sont proposées en bibliographie. L'assistance aux agriculteurs dans la
conservation in situ et la reproduction à la ferme, et la mise en
valeur des motivations favorisant de telles activités font parties des
principaux composants dans ce domaine. La disponibilité d'une riche
diversité de semences et de matériel de multiplication est le
fondement des droits des agriculteurs, aussi bien que de l'agriculture et la
sécurité alimentaire. Jusqu'à présent, très
peu a été investi dans la gestion in situ des ressources
phytogénétiques. Effectivement, on peut considérer que ces
ressources sont l'objet d'une 'tragédie des biens communs' où les
reproducteurs professionnels utilisent le matériel dérivé
à l'origine de variétés traditionnelles, mais sans
participer à la conservation de ces ressources vitales. On a
envisagé que la coopération au développement offrirait les
possibilités les plus réalistes en vue d'un soutien financier
plus important à la conservation et l'utilisation durable des ressources
phytogénétiques.
Dans le cadre de la conservation,
l'accès aux technologies et la formation sont essentiels. La mise en
place des banques de gènes communautaires est notamment proposée
comme moyen de réaliser les droits des agriculteurs, qui servira de
complément et de soutien à la gestion in situ des
ressources phytogénétiques. Il est par ailleurs recommandé
que soit accordée, en tant que composant des droits des agriculteurs, la
possibilité aux agriculteurs d'influencer les efforts de reproduction
dans l'avenir d'une manière plus générale. Il est
plutôt étonnant que le thème de la participation des
agriculteurs à la prise de décisions relatives aux ressources
phytogénétiques, qui est couvert par le Traité
international, ne soit traité que par peu d'auteurs.
Un autre
composant important des droits des agriculteurs, d'après plusieurs
auteurs cités ici, est le choix libre des agriculteurs et leur
accès aux ressources génétiques pour l'alimentation et
l'agriculture, allant de pair avec la liberté de partager et vendre les
produits de leurs récoltes, et d'améliorer les
variétés cultivées. Il s'agit ici de droits coutumiers de
base, et d'importantes conditions préalables à la conservation
continue et à l'innovation des ressources phytogénétiques
parmi les agriculteurs, et par conséquent, aussi pour la
sécurité alimentaire. Les résultats de recherches
récentes montrent qu'une telle diversité n'implique pas seulement
les variétés exploitées par les agriculteurs mais que
souvent, elle inclut les variétés améliorées des
éleveurs professionnels. Il est important d'en tenir compte lors de
l'élaboration des lois sur la propriété intellectuelle et
de la législation semencière. Plusieurs auteurs soulignent la
nécessité d'équilibrer les inégalités et les
insuffisances qui existent actuellement dans les droits de
propriété intellectuelle concernant les ressources
phytogénétiques, et estiment que l'opportunité de ce faire
est offerte au travers du concept des droits des agriculteurs. Il est important
de reconnaître d'autre part que jusqu'à présent, il a
toujours été difficile de donner force de loi aux droits des
agriculteurs. C'est peut-être risqué de lier les droits des
agriculteurs à ceux des éleveurs du fait que les droits des
éleveurs sont tellement plus faciles à promulguer. Dès
lors, il se pourrait que ce lien renforcerait la légitimation des
inégalités du système des droits de
propriété intellectuelle.
La reconnaissance de la
contribution des agriculteurs dans la réserve génétique
mondiale est encore un thème qu'on retrouve dans la bibliographie.
Souvent, on s'y réfère comme une compensation pour l'utilisation
des ressources phytogénétiques traditionnelles pour
l'alimentation et l'agriculture et les connaissances traditionnelles qui y sont
liées, et, dans certains contextes, le partage des avantages. Il est
important ici aussi, de savoir qui compenser et par le biais de quels
mécanismes, car les embûches possibles sont nombreuses. Par
exemple, il n'est pas évident que les pays en développement en
sortiraient gagnants si un tel système était mis en place
à l'échelle internationale, du fait que la plupart des pays en
développement (et aussi les pays développés) sont des
receveurs de germoplasme. Par ailleurs on devrait aussi prendre en compte les
coûts administratifs et de transaction. La plupart des auteurs semblent
être d'accord que les droits des agriculteurs sont des droits collectifs
dans le sens le plus large du terme, et que toute compensation devrait
être canalisée par le biais d'un genre de mécanisme
financier en faveur des agriculteurs qui agissent en tant que conservateurs et
innovateurs de la biodiversité agricole de ce jour. Des fonds
réservés à la génétique au niveau local sont
envisagés comme un des moyens de garantir que les ressources
financières et autres reviennent effectivement aux agriculteurs.
Les auteurs cités ici discutent des divers moyens
d'exécuter les droits des agriculteurs. L'un de ces moyens étant
l'élaboration d'une législation nationale; un autre moyen est de
mettre en place des centres de ressources des droits des agriculteurs.
Plusieurs auteurs soulignent la nécessité d'exécuter les
droits des agriculteurs au niveau international, du fait de la nature
mondialisée de ces ressources. L'approche la plus prometteuse serait
l'établissement d'un fonds international - souligné par plusieurs
auteurs comme étant indispensable à la mise en oeuvre des droits
des agriculteurs. Un tel fonds canaliserait les ressources relatives à
la conservation et l'innovation par les agriculteurs des ressources
phytogénétiques. En vue d'approvisionner ce fonds en ressources
financières, outre l'assistance, certains auteurs préconisent que
les phytogénéticiens soient priés de divulguer les sources
d'origine de leur matériel phytogénétique, et qu'un
prélèvement soit payé sur les droits d'auteur lors de la
vente de leurs semences, bien que cette suggestion reste un sujet à
controverse.
Comme nous pouvons le constater, il y a eu un mouvement
remarquable dans le domaine des idées concernant l'élaboration
des mesures et des systèmes faisables en vue de la mise en oeuvre des
droits des agriculteurs.
A lire sur:
Un résumé de
la bibliographie sur les Droits des agriculteurs
Les principaux ouvrages
sur les Droits des agriculteurs (in English)
Articles et
chapitres d'ouvrages sur les Droits des agriculteurs - au niveau mondial (in
English)
Les principaux ouvrages sur les
Droits des agriculteurs - aux niveaux régional et national (in
English)
Autres ouvrages relatifs aux
Droits des agriculteurs (in English)
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